Et nous avons auprès de Dieu cette pleine confiance, que,
si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute.
Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous
lui demandions, nous savons que nous obtenons ce que nous lui
avons demandé. (5, 14-15)
Le pouvoir de l’Amour est infini, nous avons pu le
constater tout au long de cette étude de la
première Epître de Jean : Dieu est en nous,
nous sommes en Lui et nous tenons de Lui l’Energie
d’Amour qui nous permet d’accomplir des actes
conformes au plan Divin, c’est-à-dire en accord
avec sa volonté. Contrairement à ce que
l’être humain a pu parfois penser, la
volonté de Dieu n’est pas différente de
la nôtre, de même qu’elle n’est pas
extérieure à nous. La volonté divine,
le plan divin, sont des réalités que nous
recelons en notre cœur au sein duquel demeure la
divinité. C’est donc débarrassés
des effets pervers de la dualité que nous pouvons
comprendre pleinement ce que
l’évangéliste veut nous signifier.
Demandons à Dieu ce que nous voulons, dès lors
que notre demande va dans le sens de l’Amour -
autrement dit de l’accroissement de l’Amour sur ce
plan d’existence - notre prière sera
exaucée. C’est tout simple. Mais si cela est
véridique, comment ce fait-il que tout nous paraisse
si compliqué, au point, parfois, d’en venir
à penser que Dieu ne se soucie pas de nous ? Si nous
sommes sûrs de l’Amour que Dieu a pour nous, il
nous faut alors penser que c’est nous qui compliquons
les choses par notre incohérence et mettons de la
complication là où il ne devrait pas y en
avoir : cela provient en fait de notre statut même de
créature appelée à s’élever
au rang de créateur...
L’Amour qui régit toute vie désire, en
effet, nous voir évoluer jusqu'à devenir
capables d’occuper le trône qu’il nous a
préparé. En d’autres termes, nous sommes
faits pour utiliser notre pouvoir créateur et
manifester ainsi notre potentiel divin en faisant de ce
monde, dont nous avons la charge, un univers de paix et de
fraternité. Nous sommes, ainsi, tels des adolescents
auxquels il est demandé de se comporter peu à
peu en hommes, en individus responsables. Nous ne sommes
plus des enfants qui demandons à Dieu qu’Il nous
prenne en charge pour assurer notre subsistance, mais des
adultes aptes à nous assumer : des collaborateurs de
Dieu dans son œuvre permanente de création !
Voilà qui change singulièrement la vision que
nous pouvons avoir concernant la demande que nous adressons
à Dieu : il nous faut non plus la considérer
comme une supplique adressée par un enfant à
son père, mais une requête qu’un
époux adresserait à son épouse ou
l’inverse... Bref, dès lors que nous sommes
conscients de la réalité de notre statut, de
notre place à coté de Dieu, nous ne pouvons
plus voir les choses de la même façon,
c’est évident.
Dieu écoute l’être humain comme
l’homme ou la femme prête une oreille attentive
et aimante à son conjoint. Si le second est dans
l’incapacité de réaliser ce qu’il
demande, le premier s’acquittera de la tâche avec
Amour. En revanche, il est bien plus fructueux pour
l’Union que les deux éléments de ce
couple divin - Dieu et l’Humain - agissent en parfaite
complémentarité : donner et recevoir ne sont
pas des attributs réservés à l’Un
ou à l’Autre mais deviennent des expressions de
l’Un et de l’Autre lorsqu’ils sont unis. Si
nous ne remplissons pas notre rôle, tout se complique.
Si nous nous comportons comme des assistés ou des
démunis, attendant de Dieu qu’il fasse un
miracle, nous douterons que notre demande ait
été entendue. Nous serons alors
aveuglés et incapables de voir que Dieu a
répondu à notre prière de la
façon la plus profitable à notre
évolution. Pire, si nous ne sommes pas en Union avec
Dieu, nos prières ne seront sans doute pas
orientées vers l’Amour et son
développement dans ce monde : il y a peu de chances
alors que nous soyons “exaucés”...
Finalement, c’est bien notre manque de lucidité
quant à la réalité de notre Union avec
Dieu qui nous donne l’impression d’être
impuissants : éloignés de Lui comme nous le
sommes trop souvent, nous ne pouvons comprendre comment Il
agit avec nous et considérons comme mystérieux
ce que, tout bonnement, nous distinguons mal parce que nous
sommes loin !
Rapprochons-nous de Dieu, soyons les complices de
l’Amour, dans la joie et la confiance. C’est ainsi
que nous jouerons véritablement notre rôle aux
côtés de Dieu et non pas en dessous de Lui ou
au-dessus. Cessons d’attendre le miracle
extérieur qui viendrait tout arranger - comme nous le
pensons... - mais qui, en réalité, signerait
la fin de notre capacité à créer.
Dans beaucoup de domaines, nous désirons
éviter les difficultés ; nous voulons aller
aussi vite que possible de l’autre côté de
ce qui nous semble un obstacle. Nous espérons que
Dieu nous donnera ces richesses qui toutes se trouvent de
« l’autre côté ». Mais
Dieu-Amour ne fera pas du lieu où nous sommes un
paradis sans effort de notre part : Il nous apprendra
à franchir les obstacles et à venir là
où Il se trouve. Voulons-nous ce fruit sur
l’autre berge du fleuve, Dieu ne va pas nous le
cueillir et nous le tendre : Il nous apprendra à
nager. Voulons-nous profiter des joies de la
fraternité avec nos semblables, Dieu ne fera pas
tomber les murs de conditionnements qui se dressent dans les
esprits et les cœurs, mais nous montrera comment les
contourner. Il est temps, aujourd’hui, de prendre
conscience que l’humanité a grandi et
qu’elle est apte à participer à
l’œuvre divine. Ce que l’être humain
désire et demande pour lui-même, qu’il le
désire et le demande pour son semblable, à
l’image de Dieu-Amour qui partage avec nous son pouvoir
créateur : il réalisera alors que cet «
Autre côté » où il veut se rendre
est en fait, très précisément, le
« côté de l’Autre ».
Geoffroi
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