Ce
Jésus est celui qui est venu par l’eau et par le
sang, Jésus est le Christ ; non par l’eau
seulement, mais par l’eau et par le sang. Et
l’Esprit est celui qui rend témoignage, parce
que l’Esprit est la Vérité. Car il y en a
trois qui rendent témoignage dans le ciel : le
Père, le Verbe et l’Esprit ; et ces trois sont
un. Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la
terre : l’Esprit, l’eau et le sang ; et ces trois
sont d’accord. Si nous recevons le témoignage
des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand ; et
c’est bien là le témoignage de Dieu qui a
rendu témoignage à son Fils. (5, 6-9) Alors qu’il s’apprête à conclure
son épître, l’évangéliste
veut encore attirer notre attention sur la
réalité de tout ce qu’il a vécu
c’est-à-dire sur le Verbe qu’il a
touché et dont il fut si proche. Nous pourrions, en
effet, penser que cette résurrection de notre
être, obtenue par l’Amour de l’Autre, est un
idéal inaccessible. Nous pourrions aussi penser que
si Jésus y est parvenu, c’est qu’il
bénéficiait de « pouvoirs particuliers
», d’une nature spéciale, qui lui
permettait de vivre une telle
régénération. Pire, dans les moments de
grand doute, nous pourrions en venir à croire que le
Christ est un homme limité comme nous croyons
l’être, et qu’il n’a aucun attribut
divin... Ou même, inversement, qu’il est
pleinement Dieu mais pas humain comme nous le sommes ! Bref,
il peut nous arriver de nous trouver devant des
questionnements tels que des preuves soient
nécessaires ou, tout au moins, des indices.
C’est ce que Jean veut nous donner afin que nous
gardions confiance dans la réalité
concrète de Jésus-Christ, notre frère,
en qui l’humain et le divin retrouvent leur
indissociabilité primordiale. Pour cela, le disciple
convoque des témoins. Il y a l’eau qui symbolise
l’incréé, l’immatériel :
l’Energie divine qui vit en nous par l’Amour. Il y
a le sang qui incarne la vie terrestre, ce plan
matériel où nous apprenons à aimer. Et
puis, il y a l’Esprit, trait d’union entre ces
deux mondes qui ne demandent qu’à communiquer.
Jésus est bien venu par l’eau et par le sang
dans le sens où il a vraiment exprimé sa
divinité par ses enseignements - sa Parole - et
qu’il l’a traduite en actes, comme tout être
doué d’existence peut le faire. Et l’Esprit
témoigne de ce que Jésus a réuni la
divinité et l’humanité parce qu’il a
restauré l’Amour dans sa puissance originelle au
cœur de tout individu.
Nous pouvons renforcer cette vérité de la
divinité/humanité de Jésus-Christ en
nous posant les simples questions suivantes : pourquoi
est-il venu ? Pourquoi est-il mort ? Que fait-il à
présent ? La réponse se résume en un
mot « Amour » : parce qu’il a pris chair par
Amour, parce qu’il est mort par Amour et qu’il
agit par Amour encore aujourd’hui. L’Incarnation,
la Rédemption et la Résurrection sont des
expressions complémentaires et indissociables de la
toute-puissance de l’Amour : s’incarner par Amour,
se donner par Amour, se transformer par Amour... Simples et
merveilleuses évidences qui énoncent
l’illimitation à laquelle l’être
humain est destiné. A travers ces
réalités divines autant qu’humaines,
comment alors ne pas reconnaître ce qui
caractérise le Divin, Père, Fils et Esprit ?
Rien que l’Amour... A un degré qui nous
dépasse, assurant ainsi notre évolution
à l’infini : dans sa non-manifestation, Dieu est
Amour ; dans sa manifestation, Il l’est aussi et dans
sa dynamique permanente, Il l’est encore...
Cette Trinité qui nous permet de comprendre
l’essentiel de ce qu’est Dieu, nous la retrouvons
dans le nom même de Jésus-Christ : où
Jésus identifie la partie humaine, Christ, la part
divine, et ce modeste trait d’union, l’Esprit
d’Amour qui unit l’Un et l’Autre en sorte que
Jésus est autant divin que Christ est humain ! Cette
puissance de l’Amour qui nous appelle à vivre,
ici et maintenant, tels des christs que nous sommes
réellement - incarnés, aimés et
transformés - est bien présente en notre
monde. Elle jaillit de ceux qui s’en sont faits les
vivants réceptacles, telle la coupe dans laquelle
Joseph d’Arimathie recueillit l’Eau et le Sang de
Jésus-Christ mêlés de son Esprit, et que
l’on nomme le Graal : elle féconde
l’univers de son ardeur et remplit de foi ceux qui
viennent y boire...
Geoffroi
 |
|
|