La
perfection de l’Amour en nous, c’est que nous
ayons confiance au jour du jugement ; car tel est
Jésus-Christ, tels nous sommes aussi dans ce monde.
(4, 17) « Le christianisme a ceci de particulier qu’il
est centré sur la personne d’un être
à la fois tout à fait humain et pleinement
divin. Contrairement à d’autres religions ou
spiritualités, il se focalise sur la trajectoire
historique - et bien au-delà - d’un
homme qui s’est voulu « comme les autres » et
qui s’est donné en exemple à toute
l’humanité. Etre chrétien implique donc
une démarche caractéristique qui consiste
à suivre Jésus c’est-à-dire
à désirer se comporter à sa
manière. Et comme le comportement de Jésus met
l’Amour au-dessus de tout, le suivre, c’est agir
dans l’Amour en toutes circonstances et vivre avec
cette Parole d’Amour perpétuellement à la
conscience, telle une énergie qui ne demande
qu’à déborder.
Ces deux aspects du christianisme une fois
intégrés, il apparaît clairement que la
relation que le « chrétien » entretient
avec Jésus relève concrètement de
l’histoire d’Amour et se résume à
quelques termes très simples : j’aime
Jésus, donc je suis attentif à ses
recommandations, je les mets en pratique au quotidien de
façon à être toujours plus intime avec
lui pour me nourrir de sa vie propre et la faire mienne (ou
me faire sien ce qui est rigoureusement indissociable en
Amour).
Une fois que l’ami de Jésus a goûté
à l’union avec lui, son désir est de
perfectionner sans cesse cette union parce que la nature
même de l’Amour énonce la loi du «
toujours plus » : toujours plus de bonheur,
d’énergie, d’illimitation, de joie... Cette
quête sans fin se caractérise par des
étapes qui correspondent à notre plus ou moins
grande libération c’est-à-dire à
l’élimination progressive de nos
conditionnements car ce sont eux qui font obstacles à
l’accomplissement de l’Amour en nous :
hypertrophie de l’ego, soumission à des
attitudes ou doctrines négatives etc.
L’étape principale qui illustre la
qualité de notre union avec Jésus-Christ est
atteinte lorsque nous accédons à la confiance
totale en nous-mêmes. En effet, aimés de Dieu
de façon inconditionnelle, nous ne pouvons que
parvenir à nous aimer nous-mêmes suffisamment
pour être capables d’une constance
irréprochable dans la voie de l’Amour. Non pas
que nous agissions systématiquement de la meilleure
manière mais parce que nous savons tirer profit de
nos expériences et ne jamais ressentir de
culpabilité, conscients que nous sommes alors que
l’Amour de Dieu comble tous nos manques.
Si nous vivons dans cette certitude à tous moments,
alors, effectivement, nous avons atteint un stade majeur
dans notre accomplissement spirituel. Nous sommes capables
d’aimer autrui quels que soient ses actes : nous
répondons à la négativité par de
l’Amour et considérons les actes injustes
d’autrui comme des appels ; nous ne faisons pas de
séparation entre une vie dite « spirituelle
» et une vie dite « matérielle » car
les deux sont devenues pour nous indissociables ; nous ne
savons qu’aimer autrui et vouloir son bonheur tout en
respectant scrupuleusement son libre arbitre. Nous restons
humbles quant à ce que nous vivons comme union avec
Dieu parce que ce que nous vivons avec les autres fait
intimement partie de la Divine Union... Ainsi réunis
à Jésus, l’Amour Incarné, nous
sommes des christs pour ce monde, des canaux de
l’expression divine.
Dès lors, nous n’avons plus rien à
craindre puisque la Vie ne vient plus de
l’extérieur de nous mais jaillit de nous et
qu’en abreuvant les autres, nous sommes
abreuvés. Sortis du cycle infernal de la
dualité, nous participons à la Création
de Dieu, à l’expansion de l’Amour en cet
univers et le regard de compassion que nous portons sur le
monde embrasse également notre personne :
aimés de Dieu, nous sommes parvenus à nous
aimer nous-mêmes et le « jugement dernier »,
ce jugement que nous portons sur nous-mêmes, est un
cri de désir vers notre nature, un « oui »
qui vient du plus profond de notre être, un « oui
» à la Vie qui est en nous, l’exercice
ultime de notre libre arbitre avant d’entrer pour
toujours dans la Liberté au sein de Dieu: cet «
Aime-moi encore » qui ne finira jamais.
Geoffroi
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