Et
nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a
envoyé le Fils comme Sauveur du monde. Celui qui
confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu
demeure en lui et lui en Dieu. Et nous, nous avons connu
l’Amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu
est Amour ; et celui qui demeure dans l’Amour demeure
en Dieu, et Dieu demeure en lui. (4, 14-16) « Dieu est Amour », nous répète
inlassablement Jean l’évangéliste et
l’Amour ne nous contraint pas : l’Amour Divin est
patient, Il donne et Il attend. C’est, munis de ce
précieux viatique, que nous pouvons
appréhender correctement le sens des propos de
l’évangéliste. Mais si nous ignorons les
conséquences de l’Amour inconditionnel que Dieu
a pour les êtres humains, nous faisons des paroles du
disciple bien-aimé une tromperie et abusons de la
confiance naïve des croyants. En effet, combien
d’individus n’ont-ils pas utilisé ce
passage de la Première Epître pour forcer leurs
contemporains à adopter la foi chrétienne sous
peine de connaître à leur mort les terribles
peines de l’enfer ?
Il est donc temps de revenir à des
considérations davantage empreintes d’Amour du
prochain pour intégrer pleinement la théologie
johannique et non s’en servir pour échafauder un
discours intolérant. Oui, Dieu-Amour a pris chair en
la personne de Jésus-Christ. Oui, Dieu s’est
incarné en notre monde pour nous permettre de suivre
son exemple et de reprendre notre place auprès de
Dieu. Tout être qui se rend capable de
reconnaître cette vérité divine exprime
ainsi qu’il a su développer l’Amour divin
qui siège en lui comme en chaque être et
qu’il est déjà bien avancé sur la
voie de l’Union avec son Créateur.
Ainsi, l’Energie d’Amour qui éclaire son
jugement le rend apte à reconnaître la
divinité d’autrui : mis en présence de la
Parole et des actes de Jésus-Christ, il ne peut
manquer d’y voir la marque du Fils de l’Homme qui
se donne sans réserve par Amour de
l’Humanité. Il sait alors que Jésus a
sauvé les humains en ce qu’il a pris sur Lui
leur négativité ; mais il sait aussi
qu’il dépend à présent du libre
arbitre de chaque individu de se rapprocher du Père
et de manifester son Christ intérieur ou bien de
s’éloigner de Lui, de refuser l’Amour et de
se détruire.
Tel est le message de Jean l’évangéliste,
qui, sous cet aspect, respecte totalement l’Amour
illimité qu’est Dieu. Toutes les
interprétations qui ont eu pour but d’obliger
les hommes et les femmes à se convertir, à
croire dans la vérité d’une Eglise ou
d’une doctrine et à s’y conformer par
crainte d’un châtiment éternel, ont
donné de Dieu-Amour une image intégralement
fausse, favorisant un obscurantisme qui a profité au
développement du mal en ce monde.
Car elle est sublime la Bonne Nouvelle, et dispense
l’eau de la Vie à tous ceux qui viennent
s’abreuver à sa Source. Elle n’a rien de
commun avec le fanatisme, l’intolérance, la
croyance morte et le salut vidé de son sens. La Bonne
Nouvelle incarnée par Jésus est celle de la
toute-puissance de son Amour pour nous qui transcende la
matière et peut transformer instantanément les
existences les plus médiocres. De cet
Amour-là, il est impossible de tirer quoi que ce soit
qui contraigne, qui opprime ou qui s’oppose au
potentiel créateur que tout individu possède
et qui ne peut se révéler que dans le cadre
d’une Liberté scrupuleusement
respectée.
S’il ne devait rester qu’une seule chose de la
Parole de Jésus, si l’Esprit d’Amour
n’avait qu’un seul enseignement à nous
délivrer, ce serait bien celui-là : Dieu nous
aime à l’Infini. Cela contient Tout et explique
Tout. Et c’est seulement lorsque nous prenons
conscience de cette Vérité que nous
commençons à goûter aux joies de
l’Union au Divin.
Geoffroi
 |
|
|