Personne
n’a jamais vu Dieu ; si nous nous aimons les uns les
autres, Dieu demeure en nous, et son Amour est parfait en
nous. Nous connaissons que nous demeurons en Lui et
qu’Il demeure en nous, en ce qu’Il nous a
donné son Esprit. (4, 12-13) Voici encore un passage de la Première
Epître de Jean particulièrement lourd de
conséquences du point de vue spirituel. Tout
être sincèrement désireux de donner un
sens à sa vie découvre rapidement ce qui fait
la différence entre un croyant ordinaire et un
mystique : il s’agit de la dualité. En effet,
alors que le premier se satisfait de rendre un culte
à un Dieu étranger à lui et de se
conformer aux coutumes en usage dans sa religion et sa
culture, le second s’efforce de se rapprocher de son
Dieu par tous les moyens.
L’origine de cette différence ne provient pas
d’une inégalité de départ pas plus
que d’une supériorité quelconque des
seconds. Non, elle réside seulement dans
l’exercice du libre arbitre qui se traduit par plus ou
moins d’intérêt pour les questions
spirituelles, plus ou moins de désir
d’évoluer et de se transformer. Ainsi, dans la
plupart des cas, les croyants et ceux qui les dirigent se
complaisent dans un dualisme de fait séparant les
bons et les mauvais, Dieu et les humains, le monde dit
“matériel” et celui dit
“spirituel” En réalité, les
“deux mondes” ne sont pas plus
séparés que ne le sont les mystiques et les
simples croyants : seuls leur libre arbitre et leur
volonté les départagent en leur faisant vivre
des expériences différentes.
Cela n’aurait que peu d’effets si le bonheur et
l’accomplissement des êtres n’en
dépendaient pas... Malheureusement, pour comprendre
le monde qui nous entoure et parvenir à y vivre en
harmonie, nous ne pouvons rester dans l’ignorance de
notre immense potentiel, sans quoi nous souffrons et nous
nous détruisons. C’est pourquoi, après
nous avoir fait découvrir que Dieu est Amour
illimité, Jean l’évangéliste nous
instruit d’une réalité qui nous touche
encore plus directement : Dieu vit en nous comme nous vivons
en Lui. Plus encore, le disciple présente cette
vérité comme la raison qui explique pourquoi
personne n’a jamais vu Dieu : c’est parce
qu’Il est en nous ! Et la connaissance que nous avons
de Lui consiste à ressentir sa présence divine
au cœur de notre personne et à vivre et agir en
étant conscients que nous évoluons dans le
creux de Sa main.
Jésus-Christ, face visible du
Père, a incarné pour nous cette ultime Vérité en prenant chair
dans notre monde et en s’incorporant à notre histoire. Pourtant,
deux mille ans après sa venue, l’Esprit d’Amour est bien peu
répandu et les hommes et les femmes conscients de cette réalité
trop peu nombreux. Pourquoi ? Parce que l’être humain étant
ignorant de la richesse qu’il porte en lui, il ne cherche pas
à développer son pouvoir créateur, pas plus qu’il ne l’utilise
pour s’élever au-dessus de la souffrance et construire un monde
plus fraternel.
Si les hommes et les femmes de notre époque
étaient conscients de la valeur de l’Amour qui,
seul, permet de rencontrer Dieu et de s’unir à
Lui pour leur plus grand bonheur, ils se hâteraient de
le mettre en pratique. Nos sociétés
comprendraient alors que leur prospérité
dépend intimement du développement de leurs
voisins car personne n’est jamais devenu heureux tout
seul. Aussitôt, elles abandonneraient leur quête
effrénée du confort et de la réussite
au profit de l’accomplissement spirituel ; elles
délaisseraient le cortège habituel de leurs
culpabilités et de leurs frustrations pour emprunter
la voie royale qui leur ferait connaître
l’immensité de leur richesse
intérieure.
Geoffroi
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