Bien-aimés, ne croyez pas à tout esprit ; mais éprouvez
les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu, car plusieurs faux
prophètes sont venus dans le monde. (...) Tout esprit
qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; et tout
esprit qui ne confesse pas ce Jésus n'est pas de Dieu : c'est
celui de l'antéchrist, dont on vous a annoncé la venue, et qui
maintenant est déjà dans le monde. (4, 1-3)
Dans sa Première Epître, Jean veut donner un moyen à ses disciples
de ne pas se laisser abuser par les propos des prophètes de
mensonge. Cette recommandation est encore valable de nos jours
où les sectes tentent d'accroître sans cesse la foule de leurs
adeptes. Ainsi, il est courant de répandre l’idée que Jésus
est seulement un prophète, un messager de Dieu comme tant d'autres
mais non pas le Fils de Dieu.
Cette question est beaucoup plus importante qu'elle n'y
paraît. Bien entendu, Jean ne cherche pas à
établir une classification des individus basée
sur la croyance, comme si le simple fait d'affirmer la
divinité de Jésus
pouvait attribuer une garantie de qualité à
notre foi. Non, nous avons vu combien, pour Jésus,
seuls les actes ont de la valeur. Il n'y a donc aucune
exclusivité dans cette déclaration, aucune
volonté de placer une future religion au-dessus des
autres alors que Jésus est venu pour tous les
êtres humains.
Les implications sont d'un autre ordre, celui de l'Amour
Divin car tout ce que veut Dieu n'est motivé que par
Son Amour pour ses enfants. En reconnaissant la
divinité de Jésus-Christ, nous nous mettons en
mesure de mieux percevoir l’Amour de Dieu pour nous :
par Jésus, c'est Dieu Lui-même qui s'offre pour
porter nos souffrances au lieu de nous juger. A l'inverse,
considérer Jésus comme le plus grand des
prophètes, démontre certes tout son Amour pour
l'humanité mais ne témoigne pas de l'Amour de
Dieu pour nous, Amour qui nous englobe et qui est
premier.
Prendre conscience que Jésus est le Fils de Dieu,
Incarnation de l'Amour, c'est affirmer que la Bonne Nouvelle
qu'il a prêché est la déclaration
d'Amour que Dieu fait à l'être humain depuis
les origines. Et c'est bien cela qui fait de toute vie
spirituelle consacrée à l'approfondissement de
l’Union avec Dieu une réalité quotidienne
qui dépasse les démarches de simple croyance
religieuse.
De plus, et c'est là toute l'importance du message de
Jean, à travers Jésus, nous reconnaissons
notre propre divinité, présent inestimable de
Dieu. Nous sommes « capables de Dieu »,
voilà ce que nous dit l'évangéliste !
Notre but sur ce plan d'existence est de nous élever
dans l'Union avec le Père et devenir semblables
à Jésus, modèle parfait de notre
devenir. Oui, celui qui aime vraiment donne tout ce qu'il a
et ce qu'il est à l'Aimé : dans le cas de
Dieu, ce n'est pas un sentiment mièvre qu'il veut
partager avec nous, Lui en haut et nous en bas, mais nous
donner toute sa puissance de création, son
énergie de Vie.
Voilà pourquoi il est si important de
reconnaître en Jésus le Fils de Dieu, ceci en
dehors de tout contexte religieux particulier car c'est une
question d'Amour et non de doctrine : c'est la
réponse personnelle à une invitation à
révéler « le Meilleur » qui
siège en nous. A l'époque de Jean, se priver
de cette réalité toute fraîche,
c'était se livrer à la dualité.
Aujourd'hui, au-delà des appartenances religieuses,
chacun a la possibilité de reconnaître la
divinité de l'Amour et de se mettre en marche sur la
voie qui conduit à Lui. S'il y a de nombreuses voies
qui mènent à l'Union, Jésus nous attend
toujours au bout du chemin, Lui, le nouvel Adam qui guide
l'ensemble de l'humanité vers le Père.
Geoffroi
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