Et
son commandement est que nous croyions au nom de son Fils,
Jésus-Christ, et que nous nous aimions les uns les
autres, comme il nous en a donné le commandement.
Celui qui garde ses commandements, demeure en Dieu et Dieu
en lui, et nous connaissons qu’il demeure en nous par
l’Esprit qu’il nous a donné. (3, 23-24)
Parmi les chrétiens, il s’en trouve un grand nombre pour lesquels
la foi en Jésus-Christ est vécue
d’une manière très restrictive. Pour eux, en effet, il suffit
de croire que Jésus nous a sauvés sur la Croix pour bénéficier
du salut éternel : aller à l’église le dimanche, adhérer intellectuellement
aux enseignements des institutions religieuses et respecter
les us et coutumes de la communauté chrétienne seraient ainsi
les trois conditions pour « gagner son paradis ». Cette vision,
bien que pouvant paraître caricaturale, n’en est pas moins répandue
dans les faits. Ne nous y trompons pas, la foi en Jésus-Christ
n’a pas grand chose de commun avec tout cela : elle ne se réduit
pas à un rituel, pas plus qu’elle ne peut se confondre avec
l’abdication de sa conscience face à une hiérarchie ou la soumission
à des conditionnements culturels et sociaux.
« Croire au nom de Jésus-Christ » est une
formule approximative pour signifier
« adhérer avec foi à
Jésus-Christ, Fils de Dieu » :
autrement dit, chercher par tous les moyens à
s’unir à Jésus qui est l’Amour
incarné. Et cela dépasse de beaucoup la simple
croyance en une vie meilleure dans l’au-delà.
C’est pratiquement l’inverse : à
l’image de Jésus qui n’a cessé de se
consacrer à ses frères et sœurs humains,
s’unir à Lui c’est s’engager dans une
vie spirituelle au quotidien animée par la Parole que
Jésus fait résonner dans nos cœurs et qui
illumine nos actes d’Amour à venir.
La vie meilleure, l’entrée dans le Royaume doit
donc avoir lieu aujourd’hui même par notre
adhésion « corps et âme »
à l’enseignement de Jésus qui est
exclusivement Amour. Cet enseignement ne se limite pas
à celui prôné par les différentes
confessions religieuses qui en ont repris le flambeau et
tentent perpétuellement de trouver dans les textes
une légitimité pour asseoir leur
autorité : seuls les actes comptent aux yeux de
Jésus et témoignent de la validité des
doctrines. Plus encore, la Parole issue de Celui qui est
pure Incarnation de l’Amour sur ce plan
d’existence est le souffle qui anime toutes
démarches spirituelles et religieuses, le lien qui
réunit tous les êtres en marche vers leur
libération qui n’est autre que le retour au sein
du Principe Premier.
C’est pourquoi le fait de se dire
« chrétien » doit se
définir d’une nouvelle manière : ce
n’est certainement pas affirmer une appartenance
à une communauté limitée mais se
présenter comme un adepte de l’Amour
inconditionnel de l’humanité. En d’autres
termes, c’est tout simplement le fruit d’un
désir, celui de se découvrir divin en prenant
conscience de la Présence qui demeure en nous et en
voulant La manifester pour le bien de tous. Cette
réalité qui donne toute sa valeur à la
Parole de Jésus constitue une vraie
libération, une « nouvelle
naissance », parce qu’elle nous
révèle à nous-mêmes nous
procédons à notre propre enfantement spirituel
ce qui ne manque pas d’avoir de profondes
conséquences sur l’aspect dit
« matériel » de notre être
et de notre vie.
Dès lors, au fur et à mesure de notre
évolution, nous abandonnons les cadres restreints qui
prétendent imposer un chemin unique aux chercheurs de
Dieu pour mieux englober, dans notre désir de
Fraternité universelle, tous les visages que
l’Amour prend pour se faire accepter des
humains.
Geoffroi
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