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La Vérité II


Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous pouvons nous adresser à Dieu avec assurance. Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements, et que nous faisons ce qui est agréable devant lui. (3, 21-22)

Le disciple de Jésus est un homme ou une femme d’action, disions-nous précédemment. Il a l’habitude de considérer les événements de sa vie à la lumière de l’Amour et d’agir en lui donnant la priorité. C’est ainsi qu’il fait de l’Amour sa référence parce qu’il sait qu’Il est le principe à l’origine de la vie. Et c’est également la raison pour laquelle il en fait son moyen d’action parce qu’il sait que l’Amour est l’Energie à la source de toutes les autres. A partir de là, avec un minimum de constance dans cette façon de se comporter, l’individu est en accord avec son être profond : il ne peut que ressentir le bel équilibre qui existe entre ses pensées, ses actes et son cœur puisqu’il agit en conformité avec la présence divine qui y siège. Dès lors, tout ce que le disciple de Jésus demande à Dieu, il le reçoit puisque sa demande elle-même prend son origine dans son cœur c’est-à-dire en Lui.

A travers cet extrait de la première épître de Jean, nous devons envisager ce que l’on nomme communément « la prière » sous un angle différent. Nous ne devons plus la considérer comme une demande faite à un Être qui serait extérieur à nous mais comme l’expression de la volonté de notre être profond : cette volonté qui est en fait la manifestation de notre pouvoir créateur et dont le but n’est autre que de procéder à son autofructification, autrement dit, à l’accroissement de l’Amour sur tous les plans d’existence.

A l’inverse, si nous nous étonnons que nos prières ne soient pas « exaucées », c’est la preuve même que leur origine n’en était pas l’Amour. Trop souvent, nous pensons que Notre Père est là pour nous simplifier la vie alors que notre incarnation nous place dans des conditions d’apprentissage de l’Amour c’est-à-dire de découverte de notre potentiel divin. Cela traduit notre tendance à placer Dieu le plus loin possible de nous. Nous vivons donc bien souvent dans l’incompréhension des desseins de Dieu qui sont pourtant simples et se résument à un seul mot, s’accroître : accroître l’Amour qu’Il Est ou bien, si l’on préfère l’expression traditionnelle, « se faire connaître ». Et c’est par nous qu’Il se fait connaître ! Non pas en nous manipulant comme des pions mais, bien au contraire, en nous proposant de vivre en parfaite union avec Lui, sans rien nous imposer.

La prière prend donc une tout autre valeur aux yeux de celui qui veut sincèrement marcher dans les pas de Jésus. Il ne veut plus d’une relation infantilisante avec Dieu mais cherche à assumer un maximum de responsabilités pour le bien de ses frères et sœurs. Il n’est plus question pour lui de se considérer comme un individu isolé mais comme un être illimité, membre de la grand famille humaine et indispensable à son fonctionnement harmonieux.

Telle est la Vérité à laquelle l’évangéliste veut nous donner accès : la réalité divine de l’union qui peut exister, si nous le désirons, entre nous et notre Créateur. C’est la réalité même du Père et du Fils où le premier donne au second l’intégralité de ce qu’Il est tout en le laissant libre d’en user à sa convenance jusqu'à ce qu’il découvre que c’est en étant responsable des autres qu’il est vraiment libre. C’est ainsi que le disciple demande que lui soient présentées les occasions de se dépasser puisqu’il sait désormais que c’est là le plus beau cadeau que son Père puisse lui faire.


Geoffroi Contact  




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