Voyez
quel amour le Père nous a témoigné, que
nous soyons appelés enfants de Dieu, et que nous le
soyons en effet ! Si le monde ne nous connaît pas,
c’est qu’il ne l’a pas connu. (3, 1) Le monde n’a pas découvert Dieu, nous dit
Jean dans sa première épître... Si les
humains comprenaient un peu qui est Dieu, ils se
découvriraient eux-mêmes : ils prendraient
conscience de leur nature divine et cesseraient de se
considérer comme de pauvres créatures
limitées... Oui, l’Amour du Père est
infini comme le cadeau qu’Il nous fait : Sa nature, Il
nous la donne ; Sa couronne, Il la partage avec nous. Comme
il faut du temps à l’homme pour apprécier
ce présent à sa juste valeur ! Bientôt
deux millénaires se seront écoulés et
les Eglises en sont toujours à rabaisser les
êtres dans la poussière. La Bonne Nouvelle de
Jésus est pourtant claire mais il n’y a pas pire
aveugle que celui qui veut empêcher les autres de voir
!
La réalité de l’Amour de Dieu est et sera
toujours aussi simple. En se faisant un humain parmi ses
frères et soeurs, Dieu nous montre que nous sommes
comme Lui, de même nature, et que notre existence
vient de Lui. Nous sommes issus de Dieu comme un enfant est
issu de ses parents. Sur ce plan d’existence, en
suivant l’exemple que Dieu nous donne en
Jésus-Christ, nous apprenons à aimer de
façon toujours plus forte. Et un jour, nous parvenons
à aimer les autres au point de leur consacrer
intégralement notre vie. Dès lors, nous
dépassons la mort car nous appartenons à un
plan de vie, un plan d’Amour qui
interpénètre tous les autres : nous
maîtrisons la matière. Nous sommes
illimités et véritablement enfants de Dieu
ayant, comme Lui, tout pouvoir sur la Création. Mais
tout cela serait encore vain si l’Amour n’en
était pas le moteur : comme Dieu partage son pouvoir
avec nous, nous devons le partager avec les autres en les
aimant.
Oui, aider autrui en l’aimant. C’est ainsi que
nous permettrons à nos semblables de trouver leur
accomplissement : en nous donnant pour eux, pour leur
liberté, donc en respectant leurs choix et non en les
contraignant. C’est ainsi que Dieu agit avec nous,
dispensant son Amour sur l’apparemment bon comme sur
l’apparemment méchant, ne jugeant personne mais
mettant chacun devant ses responsabilités.
Comme il est triste de voir alors tous ces croyants mis sous
tutelle ; tous ces êtres libres entrer dans les
prisons des sectes ; tous ces responsables scandaliser ceux
qu’ils devraient servir. Rien ne vaut que l’on
commette un manque d’Amour... puisque Dieu infini est
Amour. Rien ne vaut que l’on contraigne son prochain...
puisque Dieu infini est Liberté. Si nous conservons
cette Parole en notre coeur, si nous fixons notre esprit sur
l’immensité de l’Amour de Dieu, nous
saurons toujours discerner ce qui vient de Lui et ce qui
n’est qu’une pauvre traduction des hommes (quand
ce n’est pas un détournement pervers de Sa
volonté).
Il nous faut apprendre à penser librement. Il nous faut apprendre
à penser avec Amour. Peu à peu, nous découvrirons que beaucoup
d'idées auxquelles nous sommes attachés sont des conditionnements
stériles et que notre « foi » cache un manque fondamental de
confiance en nous-mêmes. Ne soyons pas le produit du passé :
osons faire du neuf, comme le fit Jésus,
osons écouter d’abord ce qui se passe à l’intérieur de nous...
Dans ce silence, le Père nous attend. C’est de
Son calme dont nous avons besoin pour renaître car
l’Amour ne fomente pas de révolutions. Il
transforme tout de l’intérieur en s’offrant
: à l’image de l’Agneau naissant qui ne
demande qu’à s’établir en notre
coeur en ce jour de Noël.
Geoffroi
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