Pour
vous, l’onction que vous avez reçue de lui
demeure en vous, et vous n’avez pas besoin que personne
vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne sur
toute chose, cet enseignement est véritable et
n’est point un mensonge ; et selon qu’elle vous a
enseignés, demeurez en lui. Et maintenant, mes
petits-enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il
paraîtra, nous ayons de l’assurance, et que nous
ne soyons pas confus, loin de lui, à son
avènement. Si vous savez qu’il est juste,
reconnaissez que quiconque pratique la justice est né
de lui. (2, 27-29) Demeurer dans l’Amour, c’est bien autre chose
que d’appartenir à une Eglise et de se faire le
continuateur de ses traditions. Dans cet extrait de sa
Première Epître, Jean nous indique ce
qu’est la Foi : elle n’est pas l’observance
de cultes ni l’affermissement de ses convictions. Elle
est plus que cela. Elle est la Vie, comme est Vie le souffle
de l’Esprit Saint qui inspire les êtres
par-delà leur appartenance. L’enseignement
qu’Il dispense n’est pas une simple connaissance
mais une véritable énergie qui recompose
patiemment celui qui la reçoit.
Cela dépasse tout ce qui est communément admis
par les confessions qui forment le christianisme. Elles ont
trop tendance à vouloir trouver dans les Ecritures de
quoi justifier leurs propres enseignements. La puissance de
l’Amour ne saurait se sentir à l’aise dans
de tels carcans... Nombreux sont ceux qui l’ont compris
et donnent la priorité à
l’œcuménisme, conscients
qu’au-delà des confessions, l’Amour demeure
le seul critère. Cet œcuménisme est un
premier pas. Le Père nous convie à en faire
beaucoup d’autres !
Oui, dès lors que l’Amour est la seule justice, quiconque le
met en pratique est « né de Lui ». Autrement dit, tout être
qui traduit La Parole d’Amour en actes est un disciple de Jésus.
Alors, le bouddhiste, le musulman ou l’athée connaît déjà la
renaissance de son être en participant à l’accroissement de
l’Amour sur ce plan d’existence.
La fraternité n’est pas un vain mot :
l’Amour en est le ferment et se répand à
travers tous les coeurs, chrétiens ou non. Certains
s’insurgent contre ces notions, prétextant la
liberté des non-chrétiens, disant qu’il
ne faudrait pas en faire des chrétiens « au
rabais ». Ils montrent ainsi qu’ils placent
l’appartenance à une confession avant la
pratique de l’Amour. Ils s’accrochent à la
terre qu’ils ont choisie sans se demander si elle porte
du fruit. Ce sont les actes qui font de nous des «
justes » et non quelques choix intellectuels.
Ces actions en faveur du prochain nous purifient et nous
rapprochent de Dieu : elles nourrissent notre
capacité à aimer en faisant jaillir une source
inépuisable qui nous revivifie. C’est donc bien
aux actes, aux comportements, que nous pouvons distinguer si
une personne s’est ouverte à l’Amour de
Dieu. Les étiquettes anciennes n’ont alors plus
la moindre valeur. Seul l’Amour qui rayonne de ces
frères et soeurs nous assure qu’ils sont bien
nés de Dieu à nouveau, par la grâce de
leur libre volonté.
Geoffroi
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