Pour
nous, c'est du Saint que vous avez reçu l'onction, et
vous savez toutes choses. Je vous ai écrit, non que
vous ne connaissiez pas la vérité, mais parce
que vous la connaissez, et que vous savez qu'aucun mensonge
ne vient de la vérité. Qui est le menteur,
sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ?
Celui-là est l'antéchrist, qui nie le
Père et le Fils. Quiconque nie le Fils, n'a pas non
plus le Père ; celui qui confesse le Fils, a aussi le
Père. (2, 20-23)
Au fur et à mesure que nous évoluons dans la Première Epître
de Jean l'évangéliste, nous nous représentons plus clairement
ce que nous sommes et vers quoi nous nous dirigeons. Nous communions
de plus en plus avec l'Amour qui est en nous et en qui nous
sommes. Remplis peu à peu de l'Esprit de Dieu, nous devenons
capables de Le répandre sur les autres. Nous avançons dans notre
vie de Christ en nous purifiant
à chaque nouvelle étape que le Père nous propose.
Telle est la grâce donnée dès l'origine,
telle est l'Infinité de l'Amour : Il nous a tout
accordé bien avant que nous le Lui demandions. Ainsi,
parler à Dieu c'est parler avec nous-mêmes,
avec notre christ intérieur. Et de notre part, c'est
souvent le même discours : « O Christ,
quand te décideras-tu à te montrer ? » Et
c'est à nous-mêmes que nous nous plaignons...
Là, l'Union est en souffrance : nous ne
jouissons pas encore de la présence de Dieu.
Puis, vient l'instant d’ouverture où nous
offrons notre coeur aux autres : un moment
d’humilité où nous donnons quelque chose
à notre prochain et où, dans le même
mouvement, Dieu s’unit à nous. Au début,
ce que nous donnons peut sembler bien mince mais
qu’importe ! Dieu ne s’intéresse
qu’aux progrès, à l’élan
créateur. Voilà pourquoi et comment «
nous avons le Père et le Fils » : c’est en
aimant l’homme, en aimant ce qu’il est
réellement, en vénérant sa nature
profonde et en chérissant le voile qui la recouvre
que nous avançons dans la Vérité.
Jésus est le Christ ! Et nous sommes appelés,
dans cette vie-ci, à devenir christ comme Lui. Le
nier, c’est faire mentir l’Esprit de Dieu car
c’est poser une limite à l’Amour. Or,
l’Amour que le Père a pour ses enfants ne
connaît pas de bornes. Aussi est-il juste que
l’homme ne se pose pas de limites et qu’il cherche
à assumer les plus hautes responsabilités.
Beaucoup y voient de l’orgueil alors qu’il
s’agit seulement de répondre authentiquement
à l’Ami et de ne pas flétrir ce
qu’Il nous offre.
Son bonheur est dans notre rapprochement : comment
pourrait-Il se réjouir de voir l’homme se
rabaisser sans cesse ? « Se faire petit », ainsi
que Jésus nous le demande, ne signifie en rien «
se croire minable » : c’est bien plutôt
attribuer toute la grandeur à notre Ami qui a tout
fait pour nous. C’est là l’effet naturel de
l’Amour : celui qui aime sincèrement ne voit que
la grandeur de Dieu parce qu’il se sent infiniment
comblé. Le véritable disciple de Jésus
ne s’enorgueillit de rien puisqu’il agit pour la
gloire de son Maître.
Dieu, Lui, travaille à notre gloire depuis le
commencement, se faisant chaque jour plus petit. Les miettes
que nous Lui donnons ont grande valeur à ses yeux car
Il sait en faire quelque chose de beau. Voilà
pourquoi, en niant toute divinité à
l’homme, nous en venons à nier celle de
Jésus car nous nous méprenons sur sa
volonté : nous faisons comme s’Il voulait en
jouir tout seul et restons figés loin de Lui, le
laissant dans la souffrance.
Mais Dieu n’a que faire de sa couronne. Il nous
l’a remise pour que nous la portions pour Lui. Cette
couronne, c’est la divinité qui jaillit au
sommet de notre être en une effusion de
Lumière... Lorsque nous aimons.
Geoffroi
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