N'aimez
point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si
quelqu’un aime le monde, l’Amour du père
n’est point en lui. Car tout ce qui est dans le monde,
la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et
l’orgueil de la vie, ne vient point du Père,
mais vient du monde. Le monde passe, et sa convoitise aussi
; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure
éternellement
(2, 15-17). « Se détacher du monde », voilà
un précepte formulé depuis l’aube des
temps par la plupart des religions et des philosophies. Tout
être en recherche spirituelle doit délaisser
les désirs personnels s’il prétend
évoluer... Possession de biens matériels,
goût du pouvoir, désir de paraître...
sont autant de limites posées à
l’individu : des barrières qui
l’empêchent de s’élever ; des
nourritures qui ne font que gonfler son ego et lui laissent
une perpétuelle sensation de manque.
Mais cela va plus loin : le simple rejet de ces entraves
n’assure pas le rapprochement de Notre Père.
Autrement dit, l’attirance pour
l’austérité n’est pas un signe de
richesse spirituelle pas plus qu’elle ne constitue un
stimulant pour aider son prochain. C’est plutôt
l’Amour du prochain qui conduit à se
détacher de certains attraits de ce monde. Car ces
derniers sont des illusions sans intérêt,
inaptes à combler notre véritable besoin de
donner, besoin que nous refoulons sans cesse.
L’Amour des autres nous conduit à
développer le potentiel créateur que nous
recelons, caractérisé par la présence
divine en nous. Il nous appelle à un contact direct
avec Dieu en allant Le chercher là où Il est
le plus près de nous : en notre coeur. Aussi
devient-il toujours plus naturel d’éliminer tout
ce qui peut faire obstacle à cette union.
L’être qui désire consacrer sa vie
à l’Amour commence par observer ce qui, dans sa
vie, peut constituer un frein à son évolution.
Ce travail quotidien se fait avec l’aide du Père
: Il nous donne l’occasion de lever le voile sur nos
mauvaises habitudes, notre négativité.
Mais le Père fait surtout en sorte de nous permettre
de produire de l’Amour autour de nous. C’est cela
la volonté de Dieu : que l’Amour
s’accroisse constamment, accroissement auquel nous
sommes conviés à participer. En mettant
l’Amour en pratique, nous nous rendons compte que nous
ne désirons pas rejeter
le monde mais
l’aimer, dans le bon sens du terme,
c’est-à-dire injecter de l’Amour là
où il en manque.
C’est ainsi que nous prenons conscience de ce
qu’est l’Amour : Il n’est pas attachement,
dépendance... Il est liberté et
transformation. Trop d’êtres croient que le monde
dans lequel ils vivent doit être rejeté en
bloc. Ce faisant, ils renient leur Créateur
puisqu’ils s’aveuglent sur les raisons de leur
incarnation. Nous existons pour apprendre à aimer :
si nous sommes attachés aux vanités du monde,
nous n’aimons pas réellement. Mais si nous
mettons notre énergie au service de
l’amélioration du monde, là, nous aimons
vraiment car nous utilisons notre pouvoir
créateur.
Ne nous égarons donc pas ! La vie spirituelle
n’a pas pour objectif de nous faire vivre sur un plan
éthéré, loin des préoccupations
de nos semblables. Non, la vie dans l’Amour nous
éclaire seulement sur ce qui permet de Le faire
grandir en nous et partout. Ainsi nous portons un regard
neuf sur ce qui nous entoure : nous ne jugeons plus, nous
transformons... Nous nous illimitons. Les convoitises du
monde ne nous concernent plus. Elles se sont
éloignées de nous. Car l’Amour fait peur
à tout ce qui lui est contraire. Et seul demeure
l’essentiel : la plénitude, la joie.
Geoffroi
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