Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous
sont pardonnés à cause de son nom. Je vous écris, pères, parce
que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous
écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le Malin. (2,
12-13)
La Vie est trinitaire, nous dit
l’épître de Jean. Elle est un mouvement
perpétuel du Un vers le Deux et du Deux vers le Un
qui donne vie au Trois. Notre vie même peut se
concevoir selon trois phases qui ont pour but de nous
conduire à l’Union au Divin : notre naissance
à l’Amour.
Au départ, nous sommes des enfants dans la foi. Peu
conscients de nos comportements négatifs, nous
évoluons sans repères. C’est pour nous,
enfants, que Jésus s’est donné. Il a
choisi de porter nos erreurs pour nous sortir de
l’aveuglement, pour que la présence divine en
nous soit ranimée. Oui, nos péchés nous
sont pardonnés : comblés d’Amour par
Jésus-Christ, ils ne constituent plus un obstacle
entre Dieu et nous. Ils deviennent des expériences.
Encore faut-il qu’elles nous profitent, autrement dit,
que nous n’en restions pas là.
Une nouvelle opportunité nous est offerte afin que
notre regard s’ouvre sur l’immensité de
l’Amour divin et que nous nous mettions à son
école. Jésus a souffert le baptême de
sang pour l’humanité afin qu’elle ne
connaisse que celui de l’eau : l’eau fraîche
qui réveille notre âme endormie et lui redonne
le goût de l’Amour.
Dès lors que nous prenons conscience de la
nécessité d’aimer, nous devenons plus
forts face aux difficultés de l’existence. Nous
connaissons l’Amour comme étant la
référence absolue qui nous guide dans tous nos
comportements. Nous éprouvons l’Amour en nous
comme la seule réponse à ce qui vient du
Mauvais.
Dans le monde où nous vivons, alors que l’ancien
prince cherche à rassembler les restes de son fief,
il y a tant de déviations possibles : répondre
à la violence par la violence ; nier la
liberté d’autrui ; oublier sa propre nature
divine... Que de circonstances au cours desquelles la part
la plus dense de notre être est sollicitée ! Il
faut être plein d’ardeur pour faire monter en
nous la puissance de l’Amour ou pour être tout
simplement constants.
Lorsque nous atteignons cette maîtrise, nous manifestons la
vigueur spirituelle de la jeunesse à travers le rayonnement
de notre Christ intérieur.
Nous sommes alors prêts à l’offrir au
monde, ce nouveau « soi » : nous devenons notre
propre géniteur ou plutôt, Dieu nous met au
monde à travers nous-mêmes. Et nous, nous
naissons à Lui intégralement en
l’acceptant en notre coeur.
C’est alors le grand étonnement, la grande
Rencontre : en notre coeur, Il se trouvait
déjà. Tel est l’Amour du Père : Il
vit depuis toujours au fond de nous. Et lorsque nous
refaisons connaissance avec Lui, nous comprenons alors,
émerveillés, que l’Union totale est bien
réelle. Elle n’était pas une illusion
pour nous aider à vivre, une compensation. Non ! Nous
partageons bien la nature divine.
Tout est possible à l’être qui s’unit
à Dieu en se faisant serviteur de l’Amour. Ce
qu’il donne lui est déjà rendu au
centuple dès l’origine. C’est cela,
atteindre l’état de maturité dans la foi.
La croyance nous a permis de connaître la Parole mais
ce sont les actes qui nous font naître de nouveau et
posent les fondations inaltérables de notre relation
avec Notre Père. Lui, si humble, si
dépendant... Il a tellement besoin de nous pour
grandir. Avec Lui, en se donnant à Lui, notre foi se
mue en un émerveillement permanent car ce que Dieu
donne en retour est sans limites : Il nous fait tous les
présents, Lui, le Fidèle, Notre Père,
Notre Fils... Notre Enfant.
Geoffroi
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