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Passionata

S. Mariam Jacob

Descends ! Ouvre-toi !
Sombre nuée...
Comme au Matin le Tombeau.
Je veux entrer au coeur du Feu,
dans le Linceul de Lumière,
et reprendre avec Toi,
tant que sera ce monde,
cette voie douloureuse,
où homme devant l'homme,
Tu T'offres désarmé,
comme une brebis dans l'innocence !
Tourne vers Toi la clarté de mes yeux :
***je veux Te voir !
Foule la distance,
et viens revêtir mon âme nue,
fleur du Désert, et de Ton Pain.
Couvre de grâce ma pauvreté,
pare-moi de Ta Beauté,
et fais-moi fils, fils et dieu,
libéré de mes chaînes,
par la voie de Passion,
et vous les vents, faites Silence !
***Il parle !

Tout est consommé...!
Pouvais-Tu T'incliner plus bas ?
Il n'est pas vrai que Dieu soit mort,
sinon, l'Amour brûlerait-il en moi ?
Dans la Chambre Haute, j'ai veillé,
pour que s'ouvre la Porte
par où revient le Bien-Aimé.
***Je Te donne ma foi,
je déroule devant Toi mon attente,
je Te donne la part de ce Temps
qui coule sans retour :
***je T'aime !
À peine as-Tu heurté la Porte,
je me suis levée,
l'homme et Dieu se font face
et l'Amour comble l'espace,
***Tu m'aimes !
Mais le Feu ? Il faut qu'il brûle !
À peine m'as-Tu donné le Baiser de l'Alliance,
et inondée de Ton Esprit,
que Tu es parti vers d'autres vallées,
sautant de Collines en Collines
chassant les mercenaires...
Unique es-Tu, Pasteur des brebis,
Unique est Ta Passion,
uniques sont les brebis,
uniques les myriades,
au carrefour de nos misères
où sur l'Arbre tout là-haut,
est monté le Pastoureau

Il ne s'est pas endormi,
Il t'offre assez d'Amour
pour une Etreinte Eternelle !
Que peu dure la Gloire en cet exil !

Brisé dans la poussière :
***Je T'aime !
***Et Toi ?
Montant vers le Calvaire,
titubant, touchant le sol :
***je T'aime !
***Et Toi ?
Et comme un criminel dans la foule sauvage,
sans nom et sans visage : je T'aime !
***Et Toi ?
Que légères sont nos peines,
et de peu apaisée notre faim... !
Roi nous Te voulions
pour un peu de pain !
Mais Tu parlais le langage du Père,
et Tu fuyais nos rêves éphémères.
De Ton front, voilant le regard
coulait le sang dans la poussière !
Homme qu'as-tu fait de l'Amour ?
Tu l'avais bien demandé à Ta Mère,
***ce Fiat...
Et maintenant sonnait l'Heure...
Alors, ainsi que Tu l'avais appris
***sur son sein,
Tu inclinas la Tête,
parce que l'Heure était venue
de révéler aux tout-petits
le grand Dessein du Père,
Ô Messie dérisoire,
***Libre et Puissant !
***Ô Fils ! Ô Roi !
***Je T'aime !
Je T'aime : c'est Toi qui l'as dit :
***Tu m'aimes !
***ô splendeur de Ta Gloire !
Ni le temps, ni les jours, ni les saisons,
ni les siècles, ni les galaxies,
ni le gouffre des eaux, ni les séismes, ni la mort,
n'éteindront le feu de notre Amour...
Je bâtirai pour Toi des cathédrales...
Mets en mes mains l'archet
et les pierres taillées,
et des hordes séculaires,
s'élèveront sous Tes Voûtes,
les symphonies de l'Amour !

Sœur M. jacob



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