| Celui
de Claude-Louis sur le pardon |
J’emploie
le “Je” pour éviter les formules
impersonnelles qui tendraient à sous-entendre plus ou
moins le “il faut”, ou, à tout le moins,
“il est normal de”. C’est moi qui parle avec
mes expériences liées à ma vie
déjà longue. S’il me semble vain de
donner quelques conseils à qui que ce soit,
peut-être mes difficultés, échecs et
réussites peuvent être utiles à
d’autres.
J’ai eu une vie relationnelle intense en famille, dans
le métier, avec de très nombreux amis et comme
beaucoup, j’ai été parfois, pas souvent,
confronté à des situations difficiles
entraînant des blessures. Dans tous les cas, des
explications, et un espacement éventuel des
relations, (le temps qui passe est un excellent
remède) ont suffi à rétablir un
équilibre intérieur et à permettre une
bonne gestion de la situation, tant pour moi que pour les
autres, ce me semble. Mais, lorsqu’il s’est agi
d’une atteinte grave, venant d’un très
proche, et dans un contexte particulièrement lourd,
c’est autrement plus difficile ! surtout quand
l’“offenseur” refuse systématiquement
tout dialogue.
Que faire ?
En pratique, je ne souhaite :
…ni minimiser l’offense,
je pense que, dans tous les cas, les torts sont
partagés, mais pas nécessairement à 50%
/ 50% !! Me reconnaître partiellement responsable est
une étape indispensable, mais procéder
à une analyse aussi objective que possible,
l’est tout autant. Dans une recherche d’attitude
“vraie”, diminuer la responsabilité de
l’autre ne peut être une solution,
…ni l’oublier,
’oubli ne permet pas le chemin vers l’attitude
juste et une douleur refoulée est d’autant plus
néfaste,
…ni la “ruminer”,
même s’il y a un soulagement immédiat
à “gratter là où ça fait
mal,” ce ne peut qu’aggraver la situation,
…ni garder une rancune tenace qui ressemblera vite
à de la haine,
me draper dans ma dignité offensée ; me
sécuriser en niant l’autre ne me semble pas une
solution humaine, encore moins évangélique
(mais c’est bien la même chose au fond !)
A ce propos, comment est-ce que je comprends la phrase du
“Notre Père” : « pardonne-nous
nos torts envers Toi, comme nous-mêmes pardonnons
à ceux qui ont des torts envers
nous » ? Tout d’abord, il me
paraît évident qu’il ne s’agit pas
d’un chantage religieux, si je puis dire, (du style
« si tu ne pardonnes pas, Je te punirai en te
refusant Mon pardon !! ») Le Dieu Tout Amour me
rappelle une vérité fondamentale,
vérité qui conditionne le développement
de chacun, y compris, bien sûr, dans l’aspect
“vie spirituelle” (à défaut de
trouver une expression plus juste) : Si je me ferme en me
bloquant dans une attitude de non-pardon, je ne peux,
(techniquement puis-je dire !) être ouvert à la
vie et à la Vie du Dieu Amour.
De tout cela, je suis persuadé en profondeur et pas
par devoir. Les convictions résumées ci-dessus
sont réfléchies (et
“maturées” comme le disent les
écossais du whisky...) Elles ne sont pas des
“idées” bien agencées
intellectuellement ...
Et, en même temps, dans la pratique, je n’arrive
guère à ce que je souhaite...
…C’est la quadrature du cercle !
Est-ce possible de guérir complètement cette
très grave blessure que j’ai subie ?
Ma conclusion de ce partage ?.... je ne suis pas Dieu (vous
vous en doutiez) et je ne peux que tendre vers une attitude
juste, réaliste et positive avec des hauts et des
bas, des progrès et des retours en
arrière.
Claude-Louis
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