Un matin, ma conscience s'éveilla dans un monde inconnu. Les
yeux fermés, je voyais, j'entendais et je ressentais comme jamais
auparavant…
La montagne était immense, imposante et vivante. Un événement
allait se dérouler, là sous mes yeux, je le savais.
Soudain le sol trembla. Et dans la joie de l'attente, un silence
absolu suspendit mon souffle. Un aigle noir, immense, se présenta
sur la cime. Je vis sa tête en premier. Il ne volait pas, il
était trop lourd. Je savais qu'il se présentait ainsi chaque
matin… Alors il déploya ses ailes d'un noir intense et lumineux.
Imperturbable et décidé, il descendit la montagne avec une lenteur
indescriptible, par petits bonds réguliers.
Au moment même où j'ai voulu m'approcher de lui, mon esprit
fut aussitôt transporté sous ses ailes gigantesques. J'entendis
alors des rires d'enfants, une multitude d'enfants. Ils étaient
par milliers agrippés aux plumes de ses ailes. A mesure que
l'aigle descendait et se donnait, chacun éclatait de rire et
remplissait l'écran de mon âme. A mesure que l'aigle s'effaçait,
sa présence s'enracinait en moi dans un élan divin. « Il
est la forme et le fond, me dit l'Ami, le Manifesté et le Non
Manifesté, l'Univers en perpétuelle expansion, le mouvement
créateur d'Amour et de Vie… »
Pascale
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